Étiquette : Musique Femmes Festival

  • Retour sur le MFF#4 – Édition 2026

    Retour sur le MFF#4 – Édition 2026

    En octobre 2026 a eu lieu la quatrième édition du Musique Femmes Festival, événement organisé par les membres de notre association Compositrix en partenariat avec plusieurs lieux saint-gillois tels que la Cellule 133a et la Maison du Peuple, et plusieurs acteur.rice.s du secteur socio-culturel bruxellois comme l’Université des Femmes, l’Académie de musique de Saint-Gilles et les Concerts Escapades. Retour sur cette édition riche en couleurs !



    Lundi 12 octobre
    Conférence sur les compositrices belges



    Interventant.e.s de la Conférence – © Université des Femmes

    En amont du festival, Compositrix a eu la chance de pouvoir organiser au Lycée Intégral Roger Lallemand, en partenariat avec l’Université des Femmes et l’Académie de musique de Saint-Gilles, une conférence sur le thème des femmes compositrices d’hier et d’aujourd’hui en Belgique.

    Première intervenante, la docteure en musicologie Fauve Bougard a partagé avec nous depuis son fief canadien ses recherches sur deux compositrices belges du XIXe siècle, Juliette Folville – sujet de recherche de sa thèse – et Henriette Van den Boorn-Coclet, compositrice phare de notre quatrième édition. Pour ponctuer cette présentation, le duo Post-Scriptum est venu présenter quelques extraits commentés de la Sonate d’Henriette Van den Boorn-Coclet, amuse-bouche au Concert d’ouverture prévu quelques jours plus tard.

    Le sociologue Cyrille Thoulen a quant à lui parlé de la place des femmes dans la composition classique, avec une présentation dynamique et pleine d’humour, intitulée « Muses ou musiciennes ? ». La compositrice et pianiste Fanny Libert, figure montante de la composition contemporaine belge, a ensuite pu livrer quelques anecdotes sur son parcours musical et amener un regard critique sur la situation des créatrices à notre époque, puis nous partager quelques extraits de ses compositions.

    Présenté.e.s par Claire Lafon de L’Université des Femmes, les différent.e.s intervenant.e.s ont pu revenir sur des faits d’histoire, de sociologie ou encore des expériences personnelles sur la thématique des compositrices belges, puis répondre aux questions du public curieux.



    Jeudi 15 octobre
    Concert d’ouverture



    Fidèle à son habitude de présenter plusieurs genres musicaux sur une même scène, le Musique Femmes Festival s’est ouvert le jeudi 15 octobre avec deux compositrices aussi éloignées culturellement que musicalement : la compositrice liégeoise post-romantique Henriette Van der Boorn-Coclet, et la compositrice de jazz nippo-américaine Toshiko Akiyoshi.

    Le duo Post-Scriptum, composé de Joanna Staruch Smolec au violon et de Krzystof Potoscnik au piano, a superbement interprété la très intense sonate pour violon et piano de cette compositrice oubliée et pourtant reconnue de son vivant qu’a été Henriette Van der Boorn Coclet (1866-1945). La deuxième partie a été assurée par la jeune pianiste de jazz Natasha Vew, qui a magistralement joué trente minutes de la musique de Toshiko Akiyoshi (née en 1929) au piano solo.

    Ces trois interprètes avaient déjà joué pour le Musique Femmes Festival : lors de la première édition pour le duo Post-scriptum, et l’année dernière lors de la scène tremplin pour Natasha Vew.

    Duo Post-Scriptum – © Lionel Vatelli


    Vendredi 16 octobre
    Soirée SLAM



    Artistes de la soirée SLAM – © Cyril Burter

    Souhaitant élargir sa programmation, le Musique Femmes Festival a organisé pour la première fois une soirée mettant à l’honneur le slam féminin bruxellois, en partenariat avec le Collectif Slameke, figure bien connue du genre en Belgique.

    En première partie de cette soirée, le jeune et dynamique duo Cosnefroy-Miralles a partagé avec le public leur interprétation toute en couleurs et délicatesse de plusieurs duos pour guitare, écrits par la célèbre compositrice Ida Presti, véritable virtuose de l’instrument et personnalité musicale incontournable du siècle passé.

    Présentée par la slameuse bruxelloise Ellegy, la deuxième partie de la soirée nous a fait découvrir une dizaine d’artistes-slameur.euse.s venu.e.s déclamer des textes boulversants préparés pour l’occasion, qu’ils soient poétiques, engagés et/ou féministes, accompagnés du coup d’archet délicat d’Aimie Marfaing, musicienne caméléon, violoncelliste et improvisatrice.



    Samedi 17 octobre
    Scène ouverte



    Organisée en partenariat avec l’Académie de musique de Saint-Gilles, la scène ouverte a vu se succéder des élèves d’académies, des membres de Compositrix et des étudiant.e.s du Conservatoire Royal de Bruxelles le samedi matin au Lycée Intégral Roger Lallemand autour d’un programme varié.

    Du célèbre Trio pour fûte, violoncelle et piano Op. 45 de Louise Farrenc interprété par le Trio Passage, à la délicate mélodie Cantique de Nadia Boulanger interprétée par Camille Brusset et Amélie Georges, en passant par l’original Laconisme de L’aile de Kaija Saariaho interprété par Simona Cominelli, les auditeur.rice.s ont pu découvrir les œuvres de compositrices, le tout accompagné de délicieux croissants et de café.

    Participant.e.s à la Scène ouverte – © Cyril Burter



    Samedi 17 octobre
    Scène Tremplin



    Artistes de la Scène Tremplin – © Cyril Burter

    Dernier événement de cette quatrième édition, la désormais incontournable Scène Tremplin à la Maison du Peuple de Saint-Gilles a révélé quatre compositrices d’horizons et d’univers musicaux très différents.

    Anne De Boysson, compositrice française déjà renommée et lauréate de nombreux concours a ouvert le bal au piano; suivie du jeu marqué par l’improvisation jazz de la flûtiste Laurence Cousseau, Hélène Cambier du groupe Soie avec des extraits de son nouvel album Dark Sun et le Johana duo, composé de la chanteuse Johana Leroy et la violoncelliste Juliette Lacroix.

    Une belle façon de clore la quatrième édition du Musique Femmes Festival !

    Artistes de la Scène Tremplin – © Cyril Burter



    Rédaction des textes – Julie Rozé, Camille Brusset et Sonia Lardy

    Photos – Lionel Vatelli, Cyril Burter, Université des Femmes et Sonia Lardy

    Mise en page – Sonia Lardy



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  • Concerts coup de coeur – Octobre 2026

    Concerts coup de coeur – Octobre 2026

    Les membres de Compositrix vous proposent une sélection de concerts à Bruxelles autour de compositrices classique et jazz, en passant par la musique globale* et contemporaine.



    Musique Femmes Festival 2026 | MFF#4



    Du 15 au 17 octobre 2026, le Musique Femmes Festival célèbrera sa quatrième édition en poursuivant sa mission de faire découvrir les compositrices d’hier et d’aujourd’hui à travers une programmation souhaitée toujours plus ouverte, exigeante et plurielle. Entre conférence, musique classique, jazz, slam et scène ouverte, cette nouvelle édition organisée par notre asbl COMPOSITRIX confirme notre volonté de croiser les disciplines, les générations et les esthétiques. Nous avons hâte de vous y retrouver !

    Conférence sur les compositrices

    Lundi 12 octobre à 18h | Lycée Roger Lallemand

    En amont du quatrième Musique Femmes Festival, une conférence sur les compositrices belges aura lieu en partenariat avec l’Académie de musique de Saint-Gilles et l’Université des Femmes. Animés par trois docteurs (musicologie et sociologie) dont Fauve Bougard, spécialiste de Juliette Folville, cette conférence aura pour sujet principal la place des femmes dans le monde musical belge au 19ème siècle et fera des liens avec notre époque actuelle (présence, statistiques, visibilité des compositrices belges).

    En présence de Fauve Bougard, Cyrille Thoulen, et de Claire Lafon pour l’Université des Femmes.

    Concert d’ouverture

    Jeudi 15 octobre à 20h | Cellule 133a

    Lors de la première édition du Musique Femmes Festival, en 2023, Johanna Staruch-Smolec et Krzysztof Potocznik faisaient renaître le premier mouvement d’une œuvre longtemps restée dans l’ombre : la Sonate pour violon et piano de la compositrice liégeoise Henriette Van den Boorn-Coclet, alors presque totalement oubliée. Ils reviennent cette année pour en offrir l’interprétation intégrale pour ce Concert d’ouverture, poursuivant ainsi ce travail de redécouverte d’un précieux matrimoine musical.​​

    ​​Lauréate de la Scène Tremplin 2025, Natasha Vew fera découvrir l’univers de Toshiko Akiyoshi, pianiste de jazz, compositrice et arrangeuse japonaise, dont la carrière internationale prolifique a contribué à renouveler le langage du jazz.

    Soirée SLAM

    Vendredi 16 octobre à 20h | Maison du Peuple

    Pour sa quatrième édition, le Musique Femmes Festival ouvre sa programmation au slam. Animée par le collectif Slameke, ce concert sous forme de scène ouverte au féminin est une invitation pour les artistes à faire entendre leur voix, partager leur poésie et révéler leur musique intérieure, le tout ponctué par des improvisations d’Aimie Marfaing au violoncelle.

    En première partie de ce concert, le duo Cosnefroy-Miralles jouera des pièces de la célèbre guitariste et compositrice Ida Presti, personnalité incontournable de la guitare classique au XXe siècle.

    Scène ouverte

    Samedi 17 octobre à 11h | Lycée Roger Lallemand

    Le temps d’une matinée musicale, les élèves des académies de musique bruxelloises mettent à l’honneur les compositrices à travers une scène ouverte pleine de fraîcheur et de spontanéité. Café, croissants et musique accompagneront ce moment de partage, où les jeunes interprètes feront découvrir au public des œuvres encore trop rarement entendues.

    Scène Tremplin

    Samedi 17 octobre à 20h30 | Maison du Peuple

    C’est désormais un rendez-vous incontournable du Musique Femmes Festival !

    Comme chaque année, le collectif Compositrix met à l’honneur quatre compositrices venues d’horizons musicaux différents. Deux évoluent dans l’univers de la musique classique, une dans le jazz et une dans le domaine de la chanson en tant qu’autrice-compositrice. Cette année, les quatre compositrices sélectionnées sont Anne de Boysson, Laurence Cousseau, Hélène Cambier et Johana Leroy.


    BILLETERIE DU FESTIVAL




    Musique classique et contemporaine



    Gianna Cañete Gallo et Grégory Deboulle – © ART BASE

    Le dimanche 04 octobre à 17h, le pianiste Grégory Deboulle et la soprano Gianna Cañete Gallo proposeront leur récital intitulé « Rêves » à Art Base, 29 rue des Sables à 1000 Bruxelles. Ils y interpréteront notamment des mélodies de la compositrice belge Juliette Folville.


    Trio Passage – © ART BASE

    Le jeudi 08 octobre à 20h, le Trio Passage jouera en concert à Art Base, 29 rue des Sables à 1000 Bruxelles. Les trois musicien.ne.s y interpréteront notamment le Trio Op. 45 de la compositrice française Louise Farrenc.


    Trio Spilliaert – © MARCEL ASTIR

    Le samedi 17 octobre à 20h, le Trio Spilliaert donnera un concert à Marcel Astir, Rue du Commerce 51, 1000 Bruxelles. Ils joueront notamment Soir et Matin de Mel Bonis.


    GoYa Quartet – © Bruno Bonansea

    Le dimanche 18 octobre à 17h, le GoYa Quartet jouera en concert dans Salle M de BOZAR, Rue Ravenstein 23 à 1000 Bruxelles. Les musiciennes y joueront notamment le Phantasy Quartet d’Imogen Holst.



    Concerts jazz et musique globale*



    Nathalie Loriers & Tutu Puoane – © Jacky Lepage & Karolina Maruszak

    Le jeudi 01 octobre à 20h, venez écouter la carte blanche de Nathalie Loriers ainsi que le Belgian Jazz Ensemble & Tutu Puoane dans le cadre des 50 ans des lundis d’Hortense. Ce concert aura lieu dans le Studio 4 de Flagey – place Sainte-Croix, 1050 Ixelles.


    Catherine Smet, Joe Higham et Carlo Strazzante – © ART BASE

    Le jeudi 01 octobre à 20h, la pianiste et compositrice Catherine Smet donnera un concert en trio avec Joe Higham à la clarinette et Carlo Strazzante aux percussions, autour des pièces de la compositrice. Ce concert aura lieu à Art Base, 29 rue des Sables à 1000 Bruxelles.


    Anne Wolf cello trio – © Vincent Blairon

    Le mercredi 07 octobre à 20h30 aura lieu au Music Village un concert carte blanche de la compositrice Anne Wolf. Elle y viendra accompagnée de Theo de Jong et de Sigrid Vandenbogaerde (Anne Wolf cello trio) pour jouer ses compositions. Adresse : rue des Pierres 50, 1000 Bruxelles.


    La Groovista – © SOUNDS

    Le dimanche 11 octobre à 17h, les six percussionnistes et chanteuses de La Groovista reviennent en concert au Sounds Jazz Club pour leur programme de compositions personnelles « PERCUSSIVE TRANCE & GROOVE » suivi d’une jam. Adresse : rue de la tulipe 28, Ixelles.


    Manou Gallo – © SOUNDS

    Le samedi 17 octobre à 20h, la bassiste, chanteuse et compositrice Manou Gallo viendra au Sounds Jazz Club pour un concert à la croisée du groove, du funk, des polyrythmes africains et de la fusion jazz. Adresse : rue de la tulipe 28, Ixelles.


    Xime Monzón – © TOOTS

    Le samedi 17 octobre à 20h30, la célèbre harmoniciste blues Xime Monzón viendra au Toots Jazz Club pour un concert avec son band, 6 rue des Chapeliers à 1000 Bruxelles.


    Sophia Haze – © One Wish

    Le dimanche 18 octobre à 20h30, la chanteuse Sophia Haze rendra un concert-hommage à Nina Simone au Music Village, rue des Pierres 50 à 1000 Bruxelles.


    Tutu Puoane et Ewout Pierreux – © JAZZ STATION

    Le samedi 24 octobre à 18h, la chanteuse Tutu Puoane et le pianiste Ewout Pierreux viendront donner un concert de leurs co-compositions à la Jazz Station, chaussée de Louvain, 193a-195 à 1210 Bruxelles.


    Enkelé – © SOUNDS

    Le mercredi 28 octobre à 20h, les musiciennes et chanteuses du groupe Enkelé viendront donner un concert mêlant compositions personnelles et musique traditionnelle au Sounds Jazz Club, rue de la tulipe 28 à Ixelles.



    Compilation des concerts – Amélie Georges, Aimie Marfaing et Sonia Lardy

    Rédaction de l’article et mise en page – Aimie Marfaing et Sonia Lardy


    * À propos de l’appellation « musique globale »:

    « Pendant longtemps, le terme musique du monde (world music) a servi à regrouper les musiques issues de traditions non occidentales. Bien qu’il ait permis à certaines expressions culturelles d’émerger sur la scène internationale, il a aussi été critiqué pour son caractère flou et son regard souvent « exotisant ». Cette appellation avait tendance à enfermer des artistes dans une catégorie unique, peu représentative de la richesse et de la diversité réelle de leurs propositions artistiques.

    Aujourd’hui, les frontières musicales sont devenues plus perméables. Grâce aux migrations, aux nouvelles technologies et aux réseaux globaux de création, les œuvres musicales se nourrissent d’influences multiples, sans pour autant renier leurs racines. Le terme musique globale reflète cette transformation : il désigne une musique à la fois ancrée dans une culture et tournée vers l’échange, qui navigue librement entre les genres, les langues et les traditions. Elle ne cherche pas à “fusionner pour fusionner”, mais à exprimer la complexité d’identités plurielles.

    Utiliser l’expression musique globale, c’est adopter une posture plus respectueuse du parcours des artistes. Ce terme ne réduit pas leur travail à une esthétique locale ou folklorique, mais reconnaît leur rôle actif dans la création musicale contemporaine. Il valorise la capacité de dialoguer avec le monde tout en restant fidèle à une vision artistique unique. Ce changement de regard permet aussi de mieux comprendre les intentions des créateurs, au-delà des catégories culturelles simplifiées. »

    Source : https://pasamusik.com/musique-globale-un-nouveau-langage-musical-au-coeur-de-montreal/



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  • Aidez-nous à sauver le MFF#4 !

    Aidez-nous à sauver le MFF#4 !

    AIDEZ-NOUS À SAUVER
    LE MUSIQUE FEMMES FESTIVAL !


    PAR JULIÉ ROZÉ, FONDATRICE DU MFF


    Cher public,

    Je suis la fondatrice du Musique Femmes Festival, créé à Bruxelles en 2023.

    Le Musique Femmes Festival est le premier festival bruxellois et seul festival belge entièrement consacré aux œuvres de compositrices. Il est né d’un constat : aujourd’hui encore, les compositrices restent largement méconnues du grand public.

    Depuis sa création, notre ambition est de proposer une programmation exigeante, ambitieuse et ouverte à tous les publics. Nous avons notamment eu l’honneur d’accueillir la pianiste Eliane Reyes, l’Orchestre Etesiane, ainsi que de nombreux jeunes artistes et créateurs, parmi lesquels Cornelia Zambila, Juliette Recasens, Kerem Ernur, le duo Post-Scriptum — que nous avons révélé dès notre première édition — ou encore la chanteuse Mervie.

    Le festival est également un vecteur de création et de transmission. En effet nous offrons aux compositrices une scène tremplin, commandons de nouvelles œuvres, et permettons l’émergence d’un matrimoine musical à travers la création en Belgique d’œuvres invisibilisées.

    Aujourd’hui, cette aventure est menacée.

    Dans un contexte de restrictions budgétaires, les aides publiques qui soutenaient notre action ont progressivement disparu. Cette année, malgré nos démarches, nous n’avons obtenu aucune subvention.

    Or un festival ne peut vivre sans financement.

    Derrière le Musique Femmes Festival, il y a l’ASBL Compositrix (www.compositrix.com), qui œuvre toute l’année pour la visibilité des compositrices. Toute notre équipe est entièrement bénévole. Nous consacrons des centaines d’heures à ce projet, par conviction, parce que nous pensons qu’une vie culturelle plus riche passe par une meilleure représentation des femmes créatrices.

    Aujourd’hui, nous avons besoin de votre aide.

    Pour assurer la prochaine édition du festival, nous devons réunir 5 000 €. Si 100 personnes donnent 50 €, cet objectif sera atteint. Mais chaque contribution compte, quel qu’en soit le montant !

    Vous pouvez soutenir le Musique Femmes Festival en faisant un don à l’ASBL Compositrix :

    IBAN : BE13 5230 8160 2539

    Si vous ne pouvez pas faire de don, vous pouvez aussi nous aider en partageant cet appel autour de vous. Chaque relais peut faire la différence.

    Lorsque les financements publics se raréfient, c’est la mobilisation collective qui permet à des projets culturels indépendants de continuer à exister. Ensemble, nous pouvons préserver un festival qui offre une place de choix aux compositrices.

    Merci infiniment pour votre soutien, votre confiance et votre solidarité.

    Bien chaleureusement,

    Julie Rozé

    Fondatrice et coordinatrice du Musique Femmes Festival

    Pour l’ASBL Compositrix



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  • Retour sur le Musique Femmes Festival 2025

    Retour sur le Musique Femmes Festival 2025

    En octobre 2025 avait lieu la 3ème édition du Musique Femmes Festival, avec une programmation riche en couleurs !


    Concert d’ouverture « concert Escapades » (7/10)


    Chaque année, le MFF collabore avec les concerts Escapades et le C.R.I.T asbl l’Equipe, qui permettent la réinsertion sociale entre autres via l’organisation de concerts.

    Pour cette édition, les Concerts Escapades ont donné le concert d’ouverture « No Woman, No Cry », mettant à l’honneur trois compositrices :

    Galina Ustvolskaya (1919-2006), avec son Grand Duo pour piano et violoncelle.
    Un échange violent et quelque part libérateur entre un piano et un violoncelle de la compositrice russe, censurée en URSS. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « la dame au marteau ».

    Ensuite, à contrario, sérénité et apaisement, avec voix et violoncelle, le morceau Cantique, de la figure exceptionnelle du Moyen-Âge, Hildegarde von Bingen (1098-1179), a été interprété par un duo voix et violoncelle.

    Enfin, en exclusivité, Creation of the World, une création d’Elena Shipova, jeune compositrice née en 1995, a été présentée. Commandée par Concerts Escapades et le festival d’hiver de Sotchi, cette oeuvre est donc une véritable création !

    Programme :

    – Grand Duet de Galina Ustvolskaya, interprété par Duarte Soares au piano et Pieter Stas au violoncelle ;
    – Cantique de Hildegard von Bingen par Amel Sdiri (voix) et Pieter Stas (violoncelle) ;
    – Creation of the World de Lena Shipova.


    Concert « Musique et poésie » (9/10)


    Comme chaque année, le Musique Femmes Festival mêle musique classique, jazz et musique populaire dans le même concert.

    Pour cette édition, trois plateaux se sont succédés :

    – Sonia Lardy et Quentin Meurisse du Collectif Medusa avec un extrait de leur récital in my room (avec des oeuvres de Rebecca Clarke, Amy Beach et Fanny Libert, jeune compositrice belge) ;

    – Vincent Bruyninckx au piano dans un hommage à Carla Bley, compositrice de jazz américaine ;

    – COLLINE et ses musicien·ne·s (Julien Gillain : piano et violon, Marta Soares : contrebasse, Zoïa Tescher : batterie).

    Découvrez le programme détaillé et plus d’infos sur les artistes ici

    Sonia Lardy, Quentin Meurisse – © Gabriel Hollander

    Scène ouverte (10/10)


    Les étudiant·e·s du Conservatoire Royal et du Koninklijk Conservatorium de Bruxelles ont été invité·e·s à jouer des oeuvres de compositrices. Concert en forme de scène ouverte donc : les spectateurs ont eu le plaisir de découvrir de nouvelles oeuvres sous les doigts de jeunes talents.

    – 3 mélodies de Pauline Viardot
    Juliette Doummar, chant
    Emma Rouau, piano

    – Musical Toys de Sofia Gubaidulina (extraits)
    Camille Brusset, piano

    – Saxophonesques de Fernande Decruck (extraits)
    Valentijn Lievens et Morgane Caspers, saxophones

    – Pavane de Fernande Decruck pour quatuor de saxophones
    Sax soprano: Antòn Gomez Martìn,
    Sax alto: Cristina Rodrìguez Sànchez,
    Sax tenor: David Torralbo Alcaide,
    Sax baryton: Maria Chiara Tunno.

    Antòn Gomez Martìn, Cristina Rodrìguez Sànchez, David Torralbo Alcaide, Maria Chiara Tunno
    © Amélie Georges

    Concert « Cécile » (10/10)


    La vie de Cécile Chaminade (1857-1944) méritait bien un spectacle. Compositrice entre deux siècles au style post-romantique, auteure de plus de 400 oeuvres, elle a toute sa vie souffert de la mysogynie de son époque. Femme indépendante, aventurière, ayant composé toute sa vie, elle s’est réanimée le temps d’une soirée à travers la pianiste Karin Lechner.

    Concert théâtralisé
    Texte : Peter Gumbel
    ​Mise en scène : Daniela Pal
    Piano/jeu : Karin Lechner


    Scène Tremplin (11/10)


    Chaque année, la scène tremplin du festival est dédiée à mettre en avant les compositrices actuelles, dans différents styles.

    En 2025, cette scène tremplin s’est déroulée en quatre parties :

    • Le duo Chrysalides dans un extrait de leur performance « Madre!« 
    • Radosława Lascar a interprété Hommage à W. Wojtkiewicz, une oeuvre pour violoncelle solo de Urszula Koza
    • Natasha Vew, pianiste, chanteuse et compositrice (jazz)
    • Mona Mio, chanteuse soul, jazzy & groovy
    Natasha Vew, Mona Mio, Duo Chrysalide, Urszula Koza, Radosława Lascar – © Hasmik Urfalyan

    Concert de clôture : Fontyn / Martines


    Trio Spilliaert / Eliane Reyes / Etesiane Orchestra

    Un concert exceptionnel pour conclure cette 3ème édition, en présence de la compositrice belge Jacqueline Fontyn.

    En première partie, le trio Spilliaert a proposé des oeuvres de deux compositrices belges contemporaines : Jacqueline Fontyn (née en 1930) et Danielle Baas (née en 1958).

    En deuxième partie, accompagnée par le jeune orchestre Etesiane, la célèbre  pianiste belge Eliane Reyes a présenté le concerto pour piano de Marianna Martines. 

    Marianna Martines (1744-1812) est une compositrice autrichienne d’origine espagnole. Issue d’un milieu aristocratique, élève de Joseph Haydn, elle tient un salon à Vienne et fonde une école de chant. Elle compose plus de deux-cent oeuvres – beaucoup sont perdues aujourd’hui -, dont des messes, oratorios, une symphonie, et un concerto pour piano, interprété ce soir en Belgique pour la première fois. 

    Cette création a été suivie de deux courtes oeuvres de deux compositrices françaises du 20ème siècle, Mel Bonis et Germaine Tailleferre, puis de deux oeuvres contemporaines pour orchestre : « Battements d’ailes » de Jacqueline Fontyn, comme un écho à la première partie, et « Aphorisme 341« , de la jeune compositrice Juliette Recasens qui avait participé à la scène tremplin de la première édition du festival.

     

    Eliane Reyes, Gabriel Hollander, Etesiane Orchestra – © Hasmik Urfalyan

    ​Programme :

    Lieber Joseph, Jacqueline Fontyn

    Sui Generis, Danielle Baas​

    • Trio Spilliaert (Violon : Jean-Samuel Bez, violoncelle : Guillaume Lagravière, piano : Gauvain de Morant)

    Concerto pour piano en la Majeur, Marianna Martines​

    • Piano : Eliane Reyes, direction : Gabriel Hollander​

    Gai printemps, Mel Bonis  & Valse lente, Germaine Tailleferre

    • Piano solo : Eliane Reyes

    ​Battements d’ailes, Jacqueline Fontyn

    ​Aphorisme 341, Juliette Recasens

    • Etesiane Orchestra, direction : Gabriel Hollander

    ​

  • Concert « Musique et poésie »

    Concert « Musique et poésie »

    Collectif Medusa – Vincent Bruyninckx – COLLINE

    Jeudi 9 octobre 2025, Cellule 133A

    Comme chaque année, le Musique Femmes Festival mêle musique classique, jazz et musique populaire dans le même concert. Portée par des musiciens à découvrir absolument, cette soirée musicale en trois partie fût aussi intense qu’originale.

    Collectif Medusa

    Sonia Lardy et Quentin Meurisse

    C’est lors d’une collaboration entre le Trio Erämaa et la chanteuse autour d’un récital de musique contemporaine que Sonia et Quentin se sont rencontrés.

    Il leur est ensuite venu l’idée de monter un projet axé sur des compositrices d’hier et d’aujourd’hui, leur intérêt commun pour la visibilité de ces répertoires les amenant à monter leur premier récital “in my room”, autour des compositrices Amy Beach, Rebecca Clarke et Fanny Libert.

    Plutôt que de fonder un duo, les musicien.ne.s ont préféré opter pour un ensemble à géométrie variable sous forme de collectif, afin de favoriser les partenariats avec d’autres musicien.ne.s, compositeur.rice.s et artistes, tout en leur permettant d’explorer différentes formes autour du piano et de la voix.

    Crédit photo : Gabriel Hollander

    In my room

    Première compositrice américaine ayant connu un succès à grande échelle, Amy Beach (1867-1944) est notamment célèbre pour sa Symphonie gaélique, qui est la première symphonie ayant été composée et publiée par une femme américaine. Sa musique vocale étant abondante et d’une grande finesse, la sélection proposée aborde les thèmes de l’amour, de la nature et de la séparation, avec des poètes tels que Alfred Tennyson, J. L. Stoddard, ou encore les textes du mari de la compositrice.

    « I always feel a thrill of pride myself whenever I hear a fine work by any of us, and as such you will have to be counted in, whether you [like it] or not – one of the boys. »

    Un collègue d’Amy Beach, enchanté par la première représentation de sa symphonie Gaélique. La compositrice fait partie du cercle fermé des compositeurs de Boston.

    Rebecca Clarke (1886-1979) est considérée comme l’une des compositrices les plus importantes du Royaume-Uni de l’entre-deux-guerres. Connue surtout pour ses œuvres de musique de chambre avec alto, ses compositions pour voix sont de véritables bijoux méconnus de nos contemporains. Écrivant sur des textes surprenants, les sujets varient de la romance inaboutie à la mort tragique d’une protagoniste, en passant par des mythes et légendes, ainsi que par des scènes plus classiques de la vie quotidienne, avec des poètes tels que W. B. Yeats, A. E. Housman ou encore John Masefield.

    Ayant à cœur d’intégrer de la musique de création dans leur programme, le collectif a fait une commande de cycle à la jeune compositrice et pianiste belge Fanny Libert (2000), lauréate du Prix André Souris 2023. L’œuvre est écrite sur différents textes d’Emily Dickinson (1830-1886), poétesse américaine ayant vécu en réclusion totale pendant les vingt dernières années de sa vie.

    La jeune compositrice nous a fait l’honneur de sa présence.

    Fanny Libert et le Collectif Medusa (crédit photo : Gabriel Hollander)

    Hommage à Carla Bley

    Vincent Bruyninckx

    Vincent Bruyninckx étudie le piano classique avec Véronique Moureaux et le jazz avec Thierry Smets, Nathalie Loriers puis dans la classe d’Eric Legnini au Conservatoire royal de Bruxelles, et complète son cursus avec des cours et stages d’analyse musicale, composition, musique de chambre et improvisation.

    On le voit sur la scène du jazz belge et internationale, accompagnant notamment le projet Tribute to Toots Thielemans, Fred Delplancq, Laurent Doumont, le Jazz Station Big Band, Stéphane Mercier, le Brussels Jazz Orchestra, Fabrice Alleman avec l’Orchestre de Chambre de Liège.…

    Il enseigne actuellement le jazz aux côtés d’Eric Legnini et l’acoustique au Conservatoire Royal de Bruxelles.

    Crédit photo : Gabriel Hollander

    Pianiste autodidacte, Carla Bley fréquente très tôt le milieu du jazz new-yorkais, travaillant dans les vestiaires des clubs de jazz pour écouter le plus de musique possible. Marquée par le freejazz, elle a une carrière très prolifique. Elle compose un opéra de deux heures « Escalators over the hill », plusieurs morceaux qui deviennent des standards de jazz comme « Ida Lupino » ou « Sing Me Soflty Of the Blues »… Elle fonde plusieurs big band et trios, collabore avec de nombreux musiciens de jazz, elle compose et arrange notamment pour le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et compose la musique du film « Mortelle Randonnée » de Claude Miller (1983).


    COLLINE

    « Échos existentiels sur notes douces et légères (chanson à texte) »

    Photo : Amélie Georges

    « Se visiter soi-même le temps d’un concert, c’est ce à quoi vous invite COLLINE en interprétant des chansons issues d’un dialogue entre son monde intérieur et notre réalité toujours plus crue. Sur votre gauche, vous pouvez apercevoir l’allégresse d’une perspective libératrice (se casser en Roulotte), ainsi que la nostalgie de l’enchantement de l’enfance (petite magie). En se levant, vos yeux rencontreront Peut-être une envie de croire que l’avenir est beau ; et si les larmes vous montent, ce sera soit par émotion, soit à cause des Oignons découpés en chemin…

    La voix est douce, tantôt chantée tantôt slamée ou déclamée. Un violon-alto est en place près du micro, prêt à prendre le relais des cordes vocales. COLLINE n’est pas seule sur scène : piano, contrebasse et percussion sont maîtrisées par des musiciennes de talent et colorent en jazz, en folk et en pop le style éclectique des chansons. Le public lui-même se retrouvera complice et donnera parfois de la voix, enrichissant cet univers musical par la beauté du collectif… »

    Voix, alto, compositions : COLLINE
    Piano et violon : Julien Gillain
    Contrebasse : Marta Soares
    Batterie : Zoïa Tescher




    Concert organisé en partenariat avec les Concerts Escapades (le CRIT asbl l’Equipe). Avec le soutien de Musiq3, MG Concerts et le service égalité des chances de la commune de St-Gilles.

  • Interview : Fanny Libert

    Interview : Fanny Libert

    En septembre 2025, Amélie Georges et Juliette Recasens ont eu la chance de rencontrer Fanny Libert chez elle et de lui poser quelques questions sur ses pratiques liées à la composition. Fanny Libert est une des compositrices programmées lors du Musique Femmes Festival 2025.

    Fanny Libert – © Amélie Georges

    Le Collectif Medusa lui a en effet commandé un cycle de mélodies. L’œuvre, qui sert de fil rouge au récital « in my room », est articulée autour de la figure d’Emily Dickinson (1830-1886), poétesse américaine ayant vécu en réclusion totale pendant les vingt dernières années de sa vie. Ayant effectué une sélection dans ses poèmes et textes épistolaires, la pièce abordera les thèmes de la folie, de la solitude et de l’enfermement.

    Pour en revenir à notre interview, après avoir fait connaissance sur sa terrasse, une pluie torrentielle nous a forcées à nous abriter. Elle nous reçoit dans son salon, richement décoré de tableaux colorés.


    INTERVIEW


    Le souvenir d’un premier désir de composer ?

    Avant les cours, les formations, il y a l’enfance, le piano chez nous et mon père compositeur. J’ai eu comme beaucoup d’enfants le réflexe d’aller vers l’instrument et d’improviser. Et finalement, entre la composition et l’improvisation, le chemin est limpide, faire des choix et fixer des idées. J’ai commencé ce processus en retenant par cœur mes premières compositions puis mon père les notait. Par la suite, souhaitant avancer dans ce domaine, j’ai suivi des cours de piano, d’écriture puis de composition. L’élan de chercher des sons, d’en préférer certains et de les organiser, tout cela appartient d’abord à l’enfance.

    Ton parcours ?

    J’ai suivi des cours à l’Académie d’Etterbeek avec une professeure de piano elle-même compositrice et improvisatrice, Paula Defresne. Nous prenions du temps pour regarder mes pièces, j’ai eu mes premiers retours sur mes compositions. Par la suite, au Conservatoire de Bruxelles, j’ai suivi les cours du pianiste Boyan Vodenitcharov, également compositeur. Il m’a soutenue, autant dans l’apprentissage du piano que dans mon désir de composer et j’ai ainsi pu suivre un double-cursus. Je me suis inscrite chez Claude Ledoux en composition au Conservatoire de Mons. Chacun m’apportait des réflexions différentes sur la musique et cela me permettait de trouver un bel équilibre tout au long du cursus. J’ai réussi à jongler avec les matières en gardant plusieurs projets en parallèle. A certains moments, je me suis davantage consacrée au piano, à d’autres sur la composition tout en prenant des libertés avec mes professeurs, afin de m’organiser au mieux avec le temps.

    Peux-tu nous parler
    de belles expériences passées ?

    On peut avoir de belles expériences dans plusieurs étapes de la création, autant dans le plaisir de l’écriture solitaire que dans les répétitions avec les interprètes ou les concerts. Il y a de nombreuses phases dans le processus de création de l’œuvre. Finalement, les moments les plus forts sont peut être, pour moi, quand nous parvenons à un échange profond avec les instrumentistes et que je peux découvrir avec elles et eux qu’on peut se surpasser ensemble. La sensation de découverte est vraiment importante, que ce soit dans la solitude ou bien dans les échanges mais quand il y a un plaisir partagé, cela donne du sens aussi à la pratique. Les liens, les amitiés musicales donnent des expériences très épanouissantes.

    Interprètes-tu certaines de tes pièces ?

    Peu en fait, alors qu’enfant c’était uniquement le cas !
    Quand il s’agit de pièces pour piano, je les joue mais j’écris surtout pour d’autres instruments. Ce serait organiser le temps différemment que d’écrire pour moi, mais j’aimerais beaucoup le faire car je joue moins et ça me manque ! J’ai déjà joué dans une pièce de musique de chambre, toutefois je trouve cela très délicat d’avoir les deux casquettes car jouer tout en ayant une écoute globale, le recul nécessaire pour entendre et réagir, pour modifier l’écriture tout en étant soi-même dans le jeu, alors qu’il s’agit d’un équilibre sonore différent… Tout cela est compliqué à gérer.

    Le piano a t-il un impact sur tes compositions ?

    Oui. Je pense que tout ce qui passe dans le corps a un impact sur la pensée musicale. J’essaie de rentrer dans la pensée instrumentale des instruments pour lesquels j’écris. Ça m’arrive de me dire – « Ah, là je pense clavier! ».
    Je pense malgré tout que cela amène des choses intéressantes de penser à la manière d’un claviériste pour des instruments qui ne le sont pas.
    Mieux on connaît l’instrument pour lequel on écrit et plus on a un rapport physique avec celui-ci, plus la musique qu’on écrit est naturelle et confortable à jouer.

    Peux-tu nous parler de tes influences ?
    De ta rencontre avec l’électronique ?

    L’électronique, en terme d’outils, permet énormément mais ça peut sembler aussi déroutant car on a une possibilité infinie. Cela génère plein d’envie, c’est ça qui est génial. J’était contente d’être avec Quentin (Meurisse) pour comprendre l’aspect pratique mais c’est clair que ça amène ailleurs et permet de penser l’écriture instrumentale différemment, quand on pense électronique et transformation du son. Puisque le rapport au son évolue, on essaie de fondre les deux (sons électroniques et sons acoustiques), de rendre les barrières plus poreuses. C’est un monde en tant que tel.

    Comment tu te situes-tu
    parmi tous ces courants ?

    J’essaie de faire abstraction des catégories, bien souvent trop « séparées » les unes les autres, de ne pas mettre le focus sur quelle langue je parle mais de me demander ce que je veux dire, alors la langue devient un outil, l’esthétique découle de ce que je veux dire. Toutefois, c’est presque des parasites mentaux de « s’entendre sonner comme …» !

    Peux-tu nous parler de tes influences littéraires, artistiques ?

    La littérature principalement. Toute forme d’art ou de vie est un terrain fertile à l’imagination, quelque chose me marque et donne un élan. Je ne me sens pas influencée par un courant spécifique.

    Une œuvre dans toute l’histoire de la musique ?

    Je ne sais pas répondre !

    Que cherches-tu à transmettre
    à travers tes œuvres ?

    Je recherche dans des zones qui sont très intimes, ces espaces là me donnent envie de créer mais la part de ce qui est transmis et de comment c’est transmis est un facteur difficile à contrôler. Souvent, il arrive que les gens me parlent des choses différentes de ce que j’y ai vu…

    Ce qui importe c’est : pourquoi les choses me touchent ? Et le matériel qui permet cette transmission, c’est le son, mais il n’y a pas de message spécifique.

    Selon toi, quels sont les enjeux esthétiques
    de la musique actuelle ?

    C’est une période où les choses se fondent et se lient, entre autre du fait de la musique électronique et du fait de compositeurs et compositrices qui viennent d’univers très différents. Cela se voit dans les classes de composition, on peut venir d’univers très éloignés, techno, punk, informatique, métal… Les esthétiques se brouillent du fait de ces rencontres, les pensées, les publics (parfois) se croisent, c’est confondant !

    Quels seraient tes conseils
    à de jeunes musicien.ne.s ?

    En terme de méthode, ça dépend fort du projet sur lequel je travaille, il y a aussi des choses qui sont de notre ressort est d’autres non (temps de répétition, lieu de concert, investissement des personnes pour qui on écrit). Selon les pièces que j’écris, les méthodes sont complètement différentes. Il y en a qui sont très « dans le corps », dans le jeu instrumental et d’autres davantage liées à des pensées abstraites et par conséquent à l’origine d’un travail de table et de réflexion. La méthode varie fort, mais ce qui aide, c’est d’ancrer le pourquoi.

    Finalement il y a un aller-retour entre – Qu’est ce que je cherche dans cette pièce ? -et le développement musical, qui parfois s’en écarte (et c’est aussi très chouette d’être déroutée dans cet aller-retour, entre le laisser-aller du son, et la réflexion). Quand je suis que dans la matière sonore, il y a un moment donné où j’ai le vertige, il y a une crise de sens et cet aller-retour est rassurant.

    Te présentes-tu comme une compositrice ?

    Oui, c’est mon métier principal, même s’il y a toujours la nécessité de jongler avec les métiers de l’éducation pour vivre !

    Tes modèles ?

    On voit à quel point la vie des compositrices du XIXe siècle est marquée par une réalité complexe. Mais ce qui m’a profondément marquée, dans cette idée de « modèles », vient d’un reportage Arte sur les femmes dans la musique électronique. A l’époque où on voit l’apparition des synthétiseurs modulaires, on voit ces créatrices dans un champ de liberté immense. Elles disent : là, nous n’avons pas de professeurs ou d’hommes qui nous disent quoi faire. Finalement, elles explorent ! Il y a une puissance qui en sort et qui est très inspirante.

    (Virginia) Woolf parle de ça dans l’écriture – Est-ce qu’il y aurait une forme littéraire différente, dans un rapport au temps par exemple, une forme plus féminine?

    Elle dit qu’elle ne se retrouve pas dans le roman ou dans la poésie, pour elle, il s’agit de formes d’hommes. Dans son livre Une chambre à soi, elle dit également, en citant un critique : « J’ai vu une pièce de femmes, c’est mignon c’est presque bien fait mais on dirait un chien qui se met debout sur deux pattes et qui essaie de jouer à l’humain et elle dit c’est choquant bien évidemment mais d’un certaine manière, oui elle joue à l’homme. »

    Elle explore cette démarche de trouver une forme à elle, sa forme artistique et je trouve qu’il y a aussi cet aspect là dans ce documentaire. Il ne faut pas seulement être élève et rentrer dans un cadre essentiellement masculin parce que tous nos professeurs sont des hommes et que tous nos jurys sont des hommes.

    Est-ce qu’être femme a un impact
    sur ton travail ?

    On me contacte beaucoup en me disant « On cherche des jeunes compositrices ». J’essaie de ne pas me laisser envahir par ces pensées, mais évidemment c’est une question qui est là de manière sous-jacente. Il est important de chercher l’équilibre et de rétablir une balance. Toutefois… Ce qui serait bien, c’est que quand un programmateur vous contacte ou bien un instrumentiste, de commencer par dire « j’aime bien ta musique et c’est pour ça que je te contacte » et pas seulement je cherche une compositrice, là on se sent un peu…

    A ton avis, il y a davantage d’étudiantes
    en composition aujourd’hui ?

    Entre aujourd’hui et quand je suis entrée dans la classe de composition, j’ai la sensation qu’il y a plus de femmes. J’ai eu des échos de profs qui m’ont dit que pendant des années, il n’y avait que des hommes et eux aussi remettaient en question dans leur apprentissage, se demandant si ce n’était pas un réflexe d’homme de dire telle remarque, serait-ce une vision masculine? Etc.

    D’ailleurs, un de mes professeurs sentait qu’il communiquait plus facilement avec les étudiants hommes car le monde de référence était le même. Ça le surprenait aussi. Il y a davantage de visibilité et une attention à la parité comme des évènements qui leurs sont consacrés.

    Dans l’enseignement je n’ai eu que des hommes, professeurs et jurys. Tous les référents et de qui j’attendais de la valorisation étaient des hommes. Au point de me demander si je valoriserais autant les retours d’une femme.

    Quel message proposerais-tu
    aux jeunes générations de compositrices?

    Prendre des libertés, sortir de la case d’élève, s’autoriser à sortir de cette case, se souvenir de ce qu’on veut faire – soi.

    Peux-tu nous dire quelques mots
    sur la pièce qui sera jouée au MFF ?

    Il s’agit d’un cycle de pièces sur des poèmes d’Emily Dickinson composé pour le Collectif Medusa, Sonia Lardy et Quentin Meurisse. La première pièce reprend un poème avec des thématiques récurrentes chez Dickinson, l’éblouissement et l’éclipse. Elle (E. Dickinson) a eu un choc, elle a été éblouie et elle est restée enfermée chez elle toute habillée de blanc, ce clair-obscur m’a intéressée musicalement. C’est une pièce qui regroupe deux poèmes qui vont se croiser et explorer ces thématiques. La deuxième décrit une scène où elle a une pierre, un bijou dans les mains, et la pierre disparait, elle en veut à ses doigts ! Ce sont de très beaux petits poèmes et des pièces ludiques et interactives entre les deux interprètes.


    Découvrir l’interview sur Youtube

    Montage – Juliette Recasens.

  • Retour sur le Musique Femmes Festival 2024

    Retour sur le Musique Femmes Festival 2024

    En octobre 2024 se déroulait la deuxième édition du Musique Femmes Festival, avec un programme varié aussi bien dans les styles que dans les formations.




    Concert d’ouverture

    Jeudi 17/10 – Cellule 133A

    Programme :

    Germaine Tailleferre : trio pour flûte, violoncelle et piano interprété par Adèle Legrand, Fiona Feeley et Ayumi Nabata

    Hommage à Mary-Lou Williams : oeuvres de Mary-Lou Williams et chansons de son époque interprétées par Vincent Bruyninckx au piano et Francesca Murro au chant

    Nue (Juliette Bensimhon) et Sura Sol, deux autrices-compositrices bruxelloises, clôturent ce premier concert

    Ambiance chaleureuse et touche rétro pour ce concert d’ouverture, emblématique du festival : riche et écléctique, dans une salle originale de Saint-Gilles.



    Trois concerts

    Samedi 19/10 au Talk C.E.C.



    Deux trios- 16H

    Crédit photo : Gabriel Hollander @hollander.photography

    • Mel Bonis : « Soir », « Matin »
    • Lili Boulanger : « D’un soir triste », « D’un matin de printemps »

    Par Isabelle Duval (flûte traversière), Caroline Boita (violoncelle) et Camille Jauvion (piano)

    • Reena Esmail : trio pour violon, violoncelle et piano.


    Par Hugo Ranilla (violon), Fédérico Bragetti (violoncelle), et Franco Panizon (piano)



    Nouvelles compositrices- 18H

    Crédit photo : Gabriel Hollander @hollander.photography

    Mervie, Adèle Pham-Minh et Flora Campbell-Tiech sont les trois jeunes compositrices choisies par le collectif Compositrix pour venir présenter leurs oeuvres dans cette 2ème édition de Musique Femmes Festival

    Chansons, musique classique, expérimentale, un peu de théâtre, nous avons adoré faire découvrir ces nouveaux visages de la création Bruxelloise !



    Choeur et piano – 20H30


    Choeur et piano est un concert du Musique Femmes Festival.

    Oeuvres de Lili Boulanger interprétées par le choeur Polyphonia « Hymne au soleil », « Le Printemps » et « Soleil de septembre »
    Direction: Barbara Menier / Piano: Florence Borgers

    Intervention de nos membres Cyrille Thoulen et Margaux Sladden sur la place des femmes dans la musique au 19è siècle

    Oeuvres de Ruth Crawford, Amy Beach et Clara Schumann
    Piano solo : Kerem Ernur

    Crédit photo : Gabriel Hollander et Amélie Georges


    Concerts de clôture

    Dimanche 20/10, La Tricoterie

    Concert « scène ouverte »

    Dimanche 20 octobre entre 11h30 et 14h, le festival donne une scène aux étudiant.e.s du CRB et KCB qui proposeront des œuvres de compositrices.




    Concerts « Escapade » – 18H

    Dans le cadre du “𝐌𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐅𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐅𝐞𝐬𝐭𝐢𝐯𝐚𝐥”, auquel les Concerts Escapades s’associent pour la deuxième année, nous avons mis à l’honneur deux compositrices de la période baroque : 𝑬́𝒍𝒊𝒔𝒂𝒃𝒆𝒕𝒉 𝑱𝒂𝒄𝒒𝒖𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝑳𝒂 𝑮𝒖𝒆𝒓𝒓𝒆 𝒆𝒕 𝑩𝒂𝒓𝒃𝒂𝒓𝒂 𝑺𝒕𝒓𝒐𝒛𝒛𝒊.

    À l’époque baroque, les femmes compositrices étaient plus représentées qu’à l’époque classique ou romantique. Pour interpréter sonates et chants de ces deux compositrices, les musiciens 𝐊𝐚𝐭𝐣𝐚 𝐊𝐚𝐭𝐚𝐧𝐨𝐯𝐚 au violon, 𝐂𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐒𝐜𝐡𝐢𝐥𝐭𝐳 à la viola da gamba, 𝐏𝐚𝐛𝐥𝐨 𝐋𝐚𝐬𝐜𝐚𝐧𝐨 au clavecin, 𝐒𝐭𝐚𝐧 𝐆𝐞𝐮𝐝𝐞𝐧𝐬 au théorbe et 𝐌𝐚𝐫𝐢𝐚 𝐆𝐨𝐧𝐜𝐡𝐚𝐫𝐞𝐧𝐤𝐨, soprano.

    Remerciements

    Festival organisé avec le soutien des Concerts Escapades, de la Loterie Nationale et de la commune d’Ixelles